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La dépression chez l’enfant et l’adolescent

mercredi 4 janvier 2012

La dépression est une maladie que l’on rencontre souvent. Elle affecte l’humeur, l’énergie, la gestion des émotions et bien sur les comportements. Pendant longtemps la médecine a pensé que les enfants ne pouvaient pas être touchés par la dépression. Aujourd’hui on constate qu’ils ne sont pas épargnés. Mais comme les enfants ne peuvent pas prendre la distance nécessaire pour s’analyser et identifier leur ressenti, le diagnostic est plus difficile que chez les adultes et peut être fait tardivement.

La dépression de l’enfant :

La dépression n’épargne pas les enfants, même petits. Chez les enfants, la maladie peut se manifester par une irritabilité, de l’agressivité, une excitation débordante, ou encore une tendance à l’isolement ou une perte d’intérêt pour le jeu. Ces symptômes surviennent le plus souvent de manière soudaine et persistent durablement. La vie familiale et scolaire peut en être fortement perturbée.

La dépression de l’adolescent :

L’adolescence est une période perturbée et perturbante : acceptation des transformations de son corps, renoncement au monde de l’enfance, découverte de la sexualité, rejet de l’image parentale, etc. Ce passage à l’âge adulte, naturellement chaotique, se fait parfois dans une douleur extrême et peut déboucher sur une véritable dépression. On estime qu’environ 3 % des adolescents connaissent une période de dépression, et que deux tiers d’entre eux sont des filles.
La dépression de l’adolescent prend souvent une forme masquée et peut, si on ne la repère pas à temps, se révéler brutalement par une tentative de suicide. Le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 15 à 24 ans. La maladie peut également s’exprimer par des comportements à risques : abus de drogues ou d’alcool, fugues, délinquance, désinvestissement scolaire soudain, automutilation, troubles alimentaires (anorexie, boulimie). Les filles se plaignent plutôt de troubles somatiques (maux de ventre, insomnie, maux de dos) alors que les garçons ont tendance à souffrir d’agressivité ou de comportements antisociaux. L’entourage adulte (parents, professeurs) ne pense pas forcément à une dépression, et peut mettre ces manifestations sur le compte d’une crise d’adolescence particulièrement intense.
D’autres troubles doivent amener à consulter un médecin comme une réticence à parler, un absentéisme scolaire, des troubles du sommeil, des pleurs incontrôlés ou des idées noires récurrentes.
Les jeunes qui ont connu un ou plusieurs épisodes dépressifs seront plus exposés à ces troubles à l’âge adulte, surtout si la dépression n’a pas été correctement traitée à l’adolescence.

Les signes de dépression chez les jeunes :

La dépression chez les jeunes est tout aussi sérieuse que chez l’adulte. Mais les signes peuvent être différents pour le diagnostic :

  • Concentration difficile
  • Enfant craintif, tendu, impatient
  • Enfant rejeté par les autres enfants
  • Difficulté au niveau scolaire : Diminution des résultats scolaires, Refus d’aller à l’école, Enfant boudeur, négatif, grognon, subissant de nombreux problèmes à l’école, se sentant mal compris.
  • Plaintes physiques répétées sans raison médicale (maux de tête, estomac…)
  • Changement dans l’appétit
  • Changements dans les comportements de sommeil
  • Faible estime de Soi, se sent sans intérêt, verbalise négativement à son sujet

Quelles sont les causes de dépression chez les jeunes ?

Il s’agit souvent d’une combinaison de facteurs (comme chez l’adulte) qui lient la santé, certains événements, certains antécédents familiaux, l’environnement, les facteurs génétiques… On trouve principalement :

  • Séparation ou divorce des parents ou de proches
  • La mort d’un être aimé (personne comme animal)
  • Stress
  • Education avec vision négative du monde
  • Difficultés de relations sociales
  • Antécédents psychiatriques dans la famille
  • Antécédents de dépression dans la famille
  • Déménagement
  • Echec scolaire, sportif, personnel…
  • Rêves personnels difficiles d’atteinte

Quel traitement de la dépression de l’enfant ?

Lorsqu’une dépression est diagnostiquée chez un enfant ou un adolescent, le traitement consiste d’abord en la mise en place de mesures de soutien psychothérapeutique (familial ou individuel). Il peut également se révéler nécessaire de modifier l’environnement de l’enfant (par exemple le changer d’école) s’il est malheureux là où il est. Chez ces jeunes patients, un diagnostic de dépression justifie systématiquement une prise en charge psychothérapeutique. Dans certains cas particulièrement sévères, un recours aux médicaments antidépresseurs peut être justifié.

Depuis quelques années, une polémique existe au sujet de l’usage des médicaments antidépresseurs chez les jeunes patients, et en particulier les adolescents. En effet, les études ont montré que les médicaments utilisés contre la dépression peuvent, chez ce type de patient, augmenter le risque de comportement suicidaire ou hostile (colère, agressivité, opposition systématique aux adultes, par exemple). En 2006, les autorités sanitaires européennes se sont prononcées pour l’usage des antidépresseurs (Fluoxétine Génériques, Prozac) chez les enfants de plus de huit ans en association avec une psychothérapie, lorsque les symptômes dépressifs persistent malgré le suivi par un psychothérapeute. Dans tous les cas, le traitement antidépresseur doit être prescrit par un pédopsychiatre et l’enfant ou l’adolescent doit être étroitement surveillé par ses proches et un médecin pendant les premières semaines de traitement. Cette surveillance a pour but de dépister précocement certains effets indésirables des antidépresseurs.

Article proposé par A. SANANES Infirmier scolaire


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Directeur de publication : Caroline Tallec